samedi 20 août 2011,
par
7oriya, création de la compagnie METAtarses, a été inscrite dans la programmation du Festival Estival du Scribe Cosmopolite, au cœur du 5ème arrondissement de Paris. Sandra Abouav chorégraphie un duo dédié aux libertés à construire, aux élans à poursuivre, aux idéaux à affirmer.
Deux silhouettes de femmes vêtues de noir se détachent sur les voûtes blanches de l’Espace Scribe l’Harmattan. Plutôt, elles tentent de se détacher, captives d’un champ magnétique inscrit dans les parois poudreuses. Retenues à ces parois par la précision de leurs gestes, les deux jeunes femmes – Sandra Abouav et Beatriz Errando - déploient deux présences différentes et complémentaires, deux façons d’être pleinement à leur danse. Le duo apparaît alors comme une évocation de la foule, de l’ensemble humain et des nuances inscrites à l’intérieur même d’une situation commune.
La chorégraphe poursuit sa recherche d’une danse qui convoque l’énergie et la retenue. 7oriya se répand sur une surface accidentée. A une légèreté portée par un appel très extérieur répond sans cesse un ancrage solide, une pesanteur qui s’impose comme la concrétisation d’un centre fort permettant toutes les échappées. Le flux des gestes s’oppose ou plutôt s’ajoute à l’immobilité des pierres de la voûte, chacune séparée des autres par un espace sombre. La création est contextuelle, chargée d’un travail sur le lieu. Le regard se perd dans les volutes tandis que l’esprit se retrouve dans les regards des interprètes. Enchaînés, les corps trouvent des espaces de respiration ; en lutte, l’apaisement persiste ; libéré, il garde la mémoire de toutes les chaînes défaites et à défaire encore.
La musique, élément essentiel du travail de la chorégraphe, est élaborée par l’essayiste et compositeur Vincent Cespedes. Une écriture musicale qui fait se succéder trois pièces : piano solo du musicien, fragments sonores follement mêlés et, pour finir, un duo avec le joueur d’oud tunisien Adel Bouallegue, enregistré dans un hall d’hôtel. Les notes d’un piano désaccordé s’entrelacent avec force et joie au chant du oud. L’attention au mouvement multiple, tant dans le corps que dans le son, permet de laisser affleurer la complexité des questions d’enchaînement et de libération mises en corps.
7oriya est un élan, un souffle. Emplie de l’énergie vitale de ce mot Liberté et de ses sonorités contrastées [ho-ri-ya], la dernière pièce de Sandra Abouav fait montre d’un bel engagement. Ces 30 minutes révèlent les lumières et les ombres, les fragilités et les forces, les reculs et les avancées inexorablement liées aux tentatives de libération, aujourd’hui au Proche-Orient, par essence en tous lieux et de tous temps.