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Flamenco d’outremer

mercredi 17 août 2011,
par Nicolas Villodre


Le spectacle Entre mares conçu et interprété par le Brésilien Stefano Domit au Pradillo, dans le cadre du festival Veranos de la Villa 2011, est un retour aux racines du flamenco dans lequel le jeune homme a baigné depuis l’enfance – sa mère, l’extrêmement élégante Gisele Domit, se produit elle aussi sur scène, aux côtés de… la fiancée du fiston, Lisiane Sfair et de la danseuse confirmée, María Juncal – en même temps qu’une tentative de fusion avec d’autres sources d’inspiration latines.

Rien de tel que la musique en direct. Ici, en l’occurrence, celle composée et jouée par l’excellent guitariste Fernando de la Rua, qu’accentue le percussionniste Iván Mellén, et que rehausse le chanteur castillan Jacob Quirós. Cela le fait, comme disaient les jeunes dans les années 2000. La danse n’a qu’à bien se tenir, ce qui heureusement est le cas.

La structure du show est réduite au minimum syndical, puisque celui-ci a été découpé en sept parties, qui sont autant d’ambiances musicales (ce que la note d’intention appelle « émotions »). La première d’entre elles, la plus sentimentale, sans doute, se cristallise sur un instrumental en forme de bossa alanguie, parfaitement exécuté, du reste, par le guitariste pauliste sur une de ses deux six-cordes de service.

Viennent ensuite les temps forts du flamenco le plus traditionnel – les Fandangos, Bulerías, Soleá, Tanguillos et autres Alegrías, destinés, entre autres, à valoriser la danse. Celle-ci est tantôt pur ornement (Gisele Domit), tantôt rythme absolu, amplifié comme il faut par Sergio Sarmiento à l’aide d’un système HF camouflé sous le costume du danseur (cf. les séries de zapateados avec changements d’axe amenés par l’ouverture du genou), tantôt folie furieuse (deux solos échevelés de la petite mère Juncal)…

Deux-trois détails à revoir et la chose sera bel et bien au point (le cantaor avait des anti-sèches collées sur du canson noir, ce qui est contraire aux us et coutumes flamenquistes ; les costumes, sauf bien sûr la magnifique bata de cola de María Juncal, parfaitement designée, elle, devraient être plus ajustés ou mieux taillés ; soyons charitable et ne parlons pas de la déco !). Le finale mériterait aussi d’être plus enlevé ou un tant soit peu surprenant.

On pouvait a priori craindre le pire : l’emmiellement bossanovesque, l’assoupissement des maracas, la superfluité du caisson importé du Pérou – ce pays a probablement les meilleurs VRP pour ce qui est des instruments de musique et des sièges de cuisine –, mais rien de tel ! Les musiciens et chanteurs étaient au diapason avec les deux têtes d’affiche. La salle était comble, emplie d’amateurs de danse, de familiers, et d’artistes. Un public qui a applaudi à tout rompre.


P.-S.

Photo : Nicolas Villodre

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