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Le Dansoir - Paris

Indisciplines, festival de danse et performance contemporaines

Du 30 janvier au 18 février 2010


Samedi 30 janvier OUVERTURE DU FESTIVAL
À 20h30 - "NOUVELLE VAGUE, GÉNÉRATION BAGNOLET"
Spectacle chorégraphique d’Emilio Calcagno
Tarifs : 10€

Emilio Calcagno a entrepris de représenter quatre pièces primées au Concours de Bagnolet :

« Chanson de nuit » de DOMINIQUE BAGOUET en 1976
« Suite » de JEAN-CLAUDE GALLOTTA en 1980
« Chiquenaudes » de DANIEL LARRIEU en 1982
« Marché noir » d’ANGELIN PRELJOCAJ en 1985

En 1969, le danseur Jaque Chaurand créait le Concours chorégraphique international de Bagnolet. Ce premier concours chorégraphique, intitulé « Ballet pour demain », a été l’occasion de voir fleurir toute la nouvelle génération de chorégraphes en France. Les candidats, tenus de créer des pièces selon des contraintes bien définies et essentielles (pièces courtes de 10 minutes) se voyaient décerner des prix tant publics qu’institutionnels. Cette effervescence donnera naissance dans les années 80 à de vraies maisons pour produire et créer les centres chorégraphiques nationaux.

Entre chacune des pièces sera projeté un patchwork aux couleurs politiques, sociales et culturelles de l’époque. Et le comédien Denis Lavant racontera ces années-là.

Mercredi 3 et jeudi 4 février
À 20h30 - "SECRET SONG"
Performance film/musique et danse d’Isabelle Pérusat et Héni Varga

Tarifs : 10€

« Secret Song » commence par une projection.
Une jeune femme coiffée d’une perruque rose déambule dans un paysage magnifique, nature qui devient le miroir de ses pensées intimes.
Dans cette réalisation d’Isabelle Pérusat, tout est décalé, ralenti, comme dans le souvenir, tendu en même temps, en écho à la violence douloureuse et la sensualité de la marcheuse.
« Partir d’un point pour aller ailleurs est le sens du film » Isabelle Pérusat L’une des images du court-métrage, « gelée », sert ensuite de décor. Sur scène, Isabelle Pérusat, au piano, reprend, étire les bruits et les harmonies entendus auparavant. A ses improvisations répond la danse d’Heni Varga qui, en une gestuelle minimaliste, réinvente la solitude, les états de la fille aux cheveux flashy.

Vendredi 5 février
De 20h30 à minuit "DID EVE NEED MAKE-UP ?"
Performance de Gaël Depauw
Tarifs : 5€

Derrière le paravent, une femme, femme toile, femme tableau, femme fantasme, femme mythique,… ?
Le visiteur, seul, avance à sa rencontre… Did Eve need make-up ?
« Eve…, la première femme (?), est-elle (encore) vivante ? Est-elle morte ? A-t-elle été ? Peu importe, son corps a été préparé ici pour un cérémonial qui, fantasme ou réalité, l’animera via « la matière-maquillante » tout autant parante que camouflante.
Sereine, en apparence inanimée, elle attend… le geste d’autrui, peut-être pour découvrir… ou redécouvrir, cette parure précaire dont il s’agit… Par le toucher, l’effleurement, la retenue ou l’audace du geste cru des intervenants, elle se verra travestie, enduite, lavée (?), souillée (?) pour revisiter les divers états et périodes de la Femme qu’elle incarne : ainsi peut naître aux yeux des « embaumeurs-maquilleurs » ou purs techniciens toutes les femmes rêvées, rencontrées, complètement à nu ou surchargée de matière(s). Ils pourront alors observer la sainte, la statue glacée, la pin-up, la pute, la gamine incertaine et maladroite s’étant emparée des « trucs » de maman, la mère aux parures sobres, la morte… la fatiguée… le mur tagué, la banderole du manifestant, le drapeau…
Une toile étendue qui ne serait plus à tendre ? plutôt un morceau d’humanité, une présence de foire ou une farce de marbre ?

Samedi 6 février
De 15h à 21h30 - " UN MUSÉE (DE THÉÂTRE)"
Installation photographique et théâtrale de Clyde Chabot

Tarifs : 5€

Installation photographique et théâtrale, « Un musée (de théâtre) » d’après « Hamlet-machine » de Heiner Müller propose aux spectateurs de se mettre en scène dans un autoportrait et, ce faisant, de réaliser un geste poético-politique, d’expérimenter un processus de création en modèle réduit, de vivre une micro-fiction.
100 mots extraits de « Hamlet-machine » de Heiner Müller sont plastifiés et disposés au sol.
Une caméra filme les photos d’un album de photographies historiques du 20ème siècle ; elles sont vidéoprojetées sur un grand écran. On entend le texte de la pièce « Hamlet-machine », diffusé à faible volume en voix off. Dans cette relecture de l’ « Hamlet » de Shakespeare, Hamlet et Ophélie sont plongés dans notre société glaciaire, marchande et médiatique, sans repères, sans utopie. Hamlet, ici, est l’image d’un être qui, dans l’impossibilité d’agir, d’être soi, chercherait à s’effacer. Rejetant toute expérience collective, il se réfugie face aux écrans, à l’intérieur de son propre corps, aspirant à devenir une machine sans douleur ni pensée. Clyde Chabot, concepteur du projet, accueille les visiteurs…

Dimanche 7 février et dimanche 14 février
A partir de 13h - "BI-PORTRAIT" et DÉBAT
Installation photographique de Mickael Phélippeau visible pendant et après le débat.

Entrée libre

DEBATS animés par Sabrina Weldman

Le 7 février :
« À quoi correspond le retour en force de la performance ? Comment expliquer le regain d’intérêt pour cette forme aujourd’hui ? » (en présence d’artistes programmés pendant le festival et d’autres intervenants)

BI-PORTRAIT
Montage d’une série de photos réalisées par Mickaël Phelippeau, les « bi-portraits », projetés sur grand écran, prendront la forme d’une installation en boucle.

« Le « bi-portrait » est un double portrait photographique qui atteste d’un troc.
Le « bi-portrait » suit un protocole très simple d’échange de panoplies. L’habit et le cadre font le moine me suis-je dit.
Le « bi-portrait » se compose :
- d’un premier portrait (le/la bi-portraituré/e, soit le/la rencontré/e) : à cette personne, faire porter une tenue qui m’appartient, toujours la même : chemise coton jaune, pantalons polyester et bottines cuir. Par homogénéisation liée au motif que représente la tenue « bi-portrait », laisser apparaître un visage, un corps, une personne.
- d’un second portrait (le bi-portraiteur, soit moi-même) : Revêtir pour ma part l’uniforme que ces personnes me proposent, panoplies de travail parfois marquées, parfois anodines, vêtements quotidiens. Me mettre dans la peau de, pure fiction le temps de, dans le contexte de. Le corps devient ici le motif qui, par répétition, s’estompe. Le « bi-portrait » n’est ni un portrait d’autrui et encore moins un autoportrait. Mickael Phélippeau

Mercredi 10 et jeudi 11 février
A 20h30 - "IVANUSKA"
Performance dansée musicale et plastique d’Eva Klimackova
Tarif : 10€

« Ivanuska » est une performance dansée, musicale et plastique inspirée par l’Art Brut et l’Art Naïf, créé sous la direction de la chorégraphe et danseuse Eva Klimackova, en collaboration avec le performeur Constantin Leu, le musicien Pascal Battus et le plasticien Brice Mathey.

"Où sont les frontières, les limites qui nous font sortir de la « norme » ?
Qu’est-ce qui rend un corps « anormal » ?
D’où vient la peur de la sauvagerie humaine ?
« Malgré la tristesse, la misère, la solitude et la souffrance qui peuvent faire partie de ces vies, j’aimerais chercher une vision onirique, belle et douce de la folie interne, la sauvagerie infantile ; une poésie absurde de ces personnes, qui vivent dans un monde imaginaire, dans une réalité impénétrable. Malgré la tragédie de cet isolement, il s’agit de laisser surgir le comique, créé par le décalage, par la fracture d’avec le réel, ainsi que par la répétition absurde des actions. La poésie d’un réel qui s’échappe, qui trouble, surprend… » Eva Klimackova

Vendredi 12 février
À 20h30 - « 4,4 »
Création chorégraphique sous forme de performance d’Elie Hay
Tarifs : 10€

Après « I like him and he likes me », triptyque composé de trois situations - la bagarre, l’amour, la fête -, de trois états de corps visibles sur le plateau ou filmés en vidéo, Elie Hay crée un solo engagé physiquement et politiquement. « « 4,4 » inspecte les travers, les filigranes d’une traversée. Celle du cow-boy sur une banquise, une plongée atmosphérique dans la neutralité comme une nouvelle abstraction lyrique.
Entre les soubresauts des mouvements mondialisant, les espaces de l’individu sont de plus en plus malmenés. « 4,4 » cherche, au travers d’une danse dépouillée, d’actions éphémères, de discours monocordes et d’écrins de lumière discontinus, une manière subversive de s’engager, non pour soi, non pour l’autre, mais pour un fugace instant de légèreté ». Elie Hay

Il s’agira moins d’un solo que d’une installation pour un danseur. L’espace scénique sera constitué d’une nappe de mousse d’une épaisseur de 50 centimètres couvrant la totalité de l’espace. Cette mousse à bulles des « soirées mousse » chère aux discothèques de nos adolescences sera utilisée comme un cadre neutre, pour ne pas dire immaculé.

À 21h30
« AUTOPORTRAIT »
Théâtre/performance video de Muriel Bourdeau
Tarifs : 10€

Après une longue chute, une femme atterrit dans un espace de représentation. Elle y déploie un laboratoire et, de transformation en transformation, joue de la tension entre visibilité et identité. Quel corps mettre en scène aujourd’hui ?
« Dans « Autoportrait », je souhaite constamment passer d’un espace fermé à un espace ouvert, d’une image à sa mise en doute. Je veux observer les états de corps déjà présents, sous jacents, mais de premier abord ignorés. Comment le corps, porteur d’ailleurs, devient le lieu d’une tension entre visibilité et identité ?
J’ai donc envisagé le plateau comme une interface, à vue, offrant aux spectateurs un regard sur l’élaboration des images, et à l’interprète des temps de non-représentation, de doute, de questionnement.
C’est dans cet espace « entre les images » que se compose la danse. » M.Bourdeau

Dimanche 14 février
À13h - DEBAT + "BI-PORTRAIT"
Installation photographique de Mickael Phelippeau.
(cf au 7 février)

DÉBAT animé par Sabrina Weldman

Jusqu’où va la tolérance de l’institution envers la création chorégraphique éloignée des tendances expérimentales à la mode ?
Quelles sont les formes qui n’y trouvent pas leur place ?
Qu’en pense la jeune génération de chorégraphes et de performeurs ?
(en présence des artistes programmés pendant le festival )

À16h - "BILLY" - "MADAME GONZALES AU PIANO (INTRODUCTION)"
Performances de Viviana Moin

10€

BILLY
Un enfant errant dans les couloirs d’une école vide.
Pas tout à fait vide, car des fantômes sont derrière les portes. Il traverse les zones interdites, des images, des mots attrapés au vol, des mots d’adultes, des musiques… qui restent dans la tête.
Cette histoire commence sur le ton de la confidence et du souvenir d’enfance pour se transformer en une théorie surréaliste de la sexualité des hommes. Mais à travers les mots, la quête continue, pour s’achever en une danse avec deux escargots, sur fond de musique de Nina Simone : « Don’t let me be misunderstood »

MADAME GONZALES AU PIANO
« Malgré tous les risques et dangers, l’être humain reste en quête de découvertes, veut savoir, veut comprendre, veut arriver au fond. Est-ce que la connaissance pourra soigner la blessure ?
Il s’agit de la curiosité de voir toujours ce qui il y a de l’autre coté et une fois qu’on y est, une fois qu’on a traversé la frontière, recommencer. A nouveau le besoin de voir ce qu’il y a de l’autre côté, derrière les choses, derrière les gens, derrière la peau.
Finalement, c’est ce moment de traverser que je voudrais retrouver et revivre à chaque fois. C’est probablement ça ce que j’appelle la danse ?Traverser des frontières intérieures. Pénétrer les âmes, les forêts, les corps, découvrir l’autre côté, celui qu’on ne voit pas, qu’on pressent. Arriver émerveillé et meurtri pour repartir » Viviana Moin

À17h - "ALZBETA HLUCHA"
Vidéo et danse d’Eva Klimackova

« La plupart du temps, les animaux sont tristes. Or, lorsqu’un homme éprouve une grande affliction, parce qu’il a senti la réalité des choses, lorsque cela le rend vraiment triste, alors, il ressemble toujours un peu à un animal. Il paraît morose, mais il est plus vrai et plus beau qu’en d’autres circonstances. » Hermann Hesse dans « Le loup des steppes »

« « Alzbeta » est une pièce cruelle sans le vouloir comme un numéro inconnu. Une autodidaction festive et sérieuse par son absurdité, sa violence et sa naïveté, inspirée par les animaux et les humains. » Eva KLIMACKOVA

À18h - "LA BRULURE DU REGARD"
Performance poésie, théâtre, vidéo de Karelle PRUGNAUD sur les textes d’Eugène DURIF

D’avoir été, malgré lui, dans la transgression et d’avoir vu ce qu’il ne devait pas voir, Actéon fut changé en cerf par la déesse Diane et fut dévoré par ses propres chiens.
Tel est le point de départ de cette performance. Un mythe sur l’interdit du regard, sur la nudité d’une déesse. Pourquoi recherchons-nous des modèles intouchables et comment vivre face à leur prégnance ?
Karelle Prugnaud s’intéresse au corps-objet, dénué d’existence, donc sans identité, aux personnes qui finissent par être personne, pour tirer le fil humain et retrouver l’identité.
Elle se concentre sur le corps, le désir. C’est ce qui meut son travail. La pulsion érotique est première. Cette pulsion de vie légitime un rapport à la présence et à l’existence.

Mercredi 17 février
À 20h30 - "4,4"
Création chorégraphique sous forme de performance d’Elie Hay

Tarifs : 10€
(voir description au vendredi 12 février)

À 21h30 - « UN BEAU TITRE »
Performance de Vincent Thomasset pour le Dansoir
Tarifs : 10€

« Un beau titre » est une performance. Elle participe d’un projet générique, « Topographie des forces en présence », développé par Vincent Thomasset depuis 2007.« Au départ, un projet cadre qui s’est vite révélé comme une façon de procéder, un outil réflexif, une dynamique traversant mes différents travaux.

« Au départ, un projet cadre qui s’est vite révélé comme une façon de procéder, un outil réflexif, une dynamique traversant mes différents travaux. Ou la tentative de dresser un état des lieux, cerner le contexte dans lequel je m’inscris. A un moment donné, traduire dans un espace ce qui constituerait les forces en présence, puis observer les signes, les sens générés par cette transformation. Faire émerger de nouvelles problématiques." Vincent Thomasset

Jeudi 18 février

À 20h30 « La danse contemporaine en France : une histoire de baisers et de morsures »
Installation de Karine Saporta

Tarif : 10€

Karine Saporta à l’occasion du festival "INDISCIPLINES", va proposer une installation photographique et vidéo sur le thème de la danse contemporaine d’hier à aujourd’hui.

Cette installation sera suivie d’une soirée dansante pour clôturer le festival "INDISCIPLINES"


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