Théâtre national de Chaillot
lundi 29 juin 2009,
par
Fruit d’une rencontre aussi bien culturelle que spirituelle entre Sidi Larbi Cherkaoui et les moines Shaolin, Sutra est un assemblage rythmique puisant dans les bases mêmes des doctrines bouddhistes ancestrales qui s’inspirent des constructions ou attitudes empruntées au monde végétal et animal. Reposant sur une esthétique du dénuement, l’espace vide est uniquement modelé par le mouvement des caisses de bois animées par les performeurs. Empilées comme les chambres minuscules des hôtels tokyoïtes, fièrement dressées comme à Stonehenge ou encore renversées comme une série de dominos : elles sont aussi bien utilisées pour leur caractère visuel que sonore – alors véritables caisses de résonnance.
Baignée dans une lumière zénithale tamisée qui pourrait être empruntée aux espaces architecturaux de Ando, la scène s’agrandit et se rétrécit, laissant place à une troupe suvoltée, enchaînant combats au bâton, figures de kung fu ou autres acrobaties martiales.
La distinction est faite entre la musique classique, reléguée au rang d’accompagnement et la musique intrinsèque au spectacle, celle du corps, de ses chocs et de ses cris.
Malgré la force et l’énergie qui se dégagent de ce spectacle vivant, on peut reprocher à Sidi Larbi Cherkaoui d’avoir utilisé ce matériau brut qu’est le savoir shaolin comme matière première et quasi unique de l’œuvre, à défaut d’avoir cherché à la distendre avec un savoir et une technique flamande déjà bien rodée.