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Le Forum du Blanc-Mesnil

Mouvements de panique, "As far as" d’Alban Richard

mardi 17 mars 2009,
par Thamin Abdesselam


Des corps déferlent sur un fond noir. Bousculé, renversé, chacun est isolé des autres et se débat. Les regards d’effroi suggèrent une peur silencieuse, bâillonnée. Les danseurs chutent, rampent, luttent. Vulnérables par leur nudité, et face à l’épouvante qui semble les poursuivre, ils succombent. « Chaque interprète a travaillé à partir d’un film : une séquence dansée, mixée à des extraits d’œuvres cinématographiques traitant de corps en panique, en terreur, en malaise. »

Par vagues successives, les gestes sont répétés, les scènes rejaillissent et les corps deviennent les symptômes d’un même vécu. L’écriture d’Alban Richard commence toujours par une contrainte, d’un état de corps précis poussé ensuite à son paroxysme. « S’emparer des consignes, les laisser se résoudre au sein de chaque cohérence corporelle. »

Par vagues successives ils partent et reviennent pour reproduire les mêmes phrases. Ce qui au début était désordonné, impulsif, apparaît avec la répétition, chorégraphié. Mais peu à peu les danseurs sont recouverts de parties de costumes noirs et parfois difformes découpant leurs gestes, morcelant leur chair. Les mouvements spasmodiques s’amenuisent dans le même temps. Progressivement ils se fondent dans une épaisse obscurité, complètement recouverts d’une robe dont seuls les froissements suggèrent encore des résidus de mouvements.

Aussi longtemps que la lutte est possible, tant que les corps existent, As far as en expose les ultimes soubresauts.


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