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New Burlesque

lundi 3 janvier 2011,
par Nicolas Villodre


Le New Burlesque, qui n’a en fait rien de bien inédit, rien d’extravagant non plus, ou de particulièrement farcesque (le mot italien burlesco viendrait de l’espagnol burla qui, soit dit en passant et entre parenthèses, a donné le palo flamenco buleria), aucun lien avec les divertissements bouffons d’antan, ceux d’un Tabarin, par exemple, ou avec un quelconque style littéraire, comme celui du 17e siècle, « bas et plaisant, non pas naturellement, mais par affectation et gentillesse d’esprit », si l’on en croit Gabriel Naudé, pas plus qu’avec les poèmes parodiques d’un Scarron, non !, un genre américain relativement récent (datant en gros du début du 20e siècle), connoté pantomime à l’anglaise (cf. la troupe des Karno où s’illustrèrent Stan Laurel et Charles Chaplin avant leur révélation et reconversion à Hollywoodland dans le slapstick de Mack Sennett), pour faire plus chic, travesti en français, comme, du reste, le concept de vaudeville (alors, que chez nous, inversement, les mots shows et music-hall désignent les variétés ou le cabaret), genre artistique mineur métonymiquement confondu, ainsi que le caf’conc, avec l’établissement spécialisé dans le striptease, le dévêtissement ou le déballage, comme le nota en 1954 Simone de Beauvoir dans Les Mandarins (« Nous nous sommes assis dans un burlesque pour regarder des femmes se déshabiller en musique »), dont on connaît des pionnières telles que les danseuses Edmonde Guy, Lila Nicolska ou Nikolska, Sally Rand, Dixie Evans, Lili St-Cyr, Zorita, Anne Corio, Rose la Rose, Tempest Storm, Gypsy Rose Lee, Blaze Starr, Bettie Rowland, Nora ou Georgia Sothern ou la pin-up Betty Page, est donc de nouveau à la mode (phénomène cyclique : après une période de pudibonderie ou de bondieuserie, on en revient aux clichés émoustillants, aux vieilles ficelles de l’excitation et à la panoplie froufroutante qui va avec, à la lingerie féminine, aux strings, culottes, shortys, boxers, soutiens-gorge à effets push-up, porte-jarretelles, guêpières, nuisettes, tops, caracos, on en passe et des meilleurs), la chose étant restée un certain temps souterraine, underground (nous avions d’ailleurs eu le plaisir, il y a quelque temps déjà, grâce à David Duez, de faire la connaissance de Michelle Carr qui, avec la troupe Velvet Hammer, avait contribué à relancer l’effeuillage burlesque dans les années 90), après la mise en valeur et à jour, par de vrais amateurs d’art mineur (on pense ici par exemple à Decouflé), de numéros circassiens, de sketches pantomimiques et de routines montmartroises en tous genres, l’institution cherche à s’en emparer – ou à s’encanailler – et le vestibule du Père-Lachaise (le 104, pour ne pas le nommer, d’autant que ce code correspondait jusqu’à peu à un modèle de mobylette légère fabriquée par Peugeot et est toujours synonyme d’un fameux cinéma d’art et d’essai pantinois) se met à programmer des starlettes écraniques hexagonales, faut-il s’en plaindre ?


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