Tragédie chorégraphique ou l’inquiétante étrangeté de l’ordinaire
Press met en situation l’image de l’homme moderne dans son immense banalité et en même temps dans son énigmatique complexité. Le corps de cet individu-produit, dandy inquiétant, est mu par l’enchaînement standardisé de ses propres automatismes, mais aussi par les rouages de son étroit espace vital. Peut-être avec consentement, il se retrouve captif dans une pièce quasiment vide.
Les modifications mécaniques de cet environnement physique et mental agissent sur son corps, l’obligeant à adapter en permanence son positionnement et son mouvement. Il est alors entraîné dans une absurde et angoissante impasse…
Lorsque le Gate Theatre de Londres, tout petit mais célèbre pour ses 70 sièges, invita Pierre Rigal à créer une pièce, la question se posa de savoir que faire dans si peu d’espace. Pierre Rigal, ancien spécialiste du 400m haies, trouva la solution dans l’accroissement des contraintes : faire encore plus petit, inventer une boîte où un homme aurait même du mal à se tenir debout. Après Erection, pièce de 2003 où quelqu’un tentait sans fin de se lever, c’était somme toute assez logique. Il est là donc, cet homme, bien sous tous rapports, costume sombre et impeccable. Il a le visage impavide comme un héros du burlesque,mettons Buster Keaton, que l’espace menace, qu’un bras robotique suit de son œil imperturbable et qui ne peut pas faire un mouvement, un pas, sans déclencher des échos sonores. Comme si, dans sa déjà micro-cellule, cet homme-là était en plus sous surveillance absolue. Les modifications mécaniques de cet environnement physique et mental vont l’entraîner dans une absurde et angoissante impasse.
Toujours, avec ce genre de situations, auxquelles les personnages de Kafka sont tellement habitués, l’effet est à la fois tragique et comique, parce que c’est quand même un peu drôle de voir un homme se débattre comme il peut, autant qu’il peut, avec la contrainte extérieure. Le comique est d’ailleurs accentué par les choix acrobatiques de Rigal : plutôt que de dramatiser la situation, il s’en amuse et déploie une imagination acrobatique hors du commun, inventant d’impensables sauts périlleux horizontaux, ou nous réjouissant avec ses postures tordues, impossibles, jamais vues.
Blois, La Halle aux Grains, scène nationale, 9 > 10 octobre 09
Mont-Saint-Aignan, Scène nationale de Petit-Quevilly, 13 > 15 octobre 09
Douai, Hippodrome, scène nationale, 13 > 14 novembre 09
Turin (Italie), Torino Danza, 17 > 19 novembre 09
Paris, Théâtre de la cité internationale, 26 novembre > 12 décembre 09
Besançon, Théâtre musical, 5 > 6 janvier 10
Blanquefort, Les Colonnes, scène conventionnée, 13 > 14 janvier 10
Tulle, Les sept collines, 19 janvier 10
Limoges, Biennale Danse Emoi 2010, 22 > 23 janvier 10
Lisbonne (Portugal), Centro Cultural de Belém, 29 > 30 janvier 10
Vélizy, Théâtre de l’Onde, 4 > 5 février 10
Châtillon, Théâtre de Châtillon, 11 > 12 février 10
Alençon, Scène nationale 61, 2 > 3mars 10
Rodez,MJC Rodez, 6 > 7mars 10
Millau, Théâtre du Peuple, 9mars 10
Montargis, Théâtre de Montargis, 12 > 13 mars 10
Strasbourg, Pôle Sud, scène conventionnée, 16 > 17 mars 10
Epernay, Le Salmanazar, 22 > 23 mars 10
La Roche-sur-Yon, Le Grand R, scène nationale, 1er > 2 avril 10
Annecy, Bonlieu, scène nationale, 28 > 29 avril 10
Quimper, Théâtre de Cornouaille, scène nationale, 4 > 6 mai 10
Bourges, Maison de la Culture, 10 > 11 mai 10.